Le cadeau de Roger Fohlen au territoire

Publié le 23 avril 2019 | Une

18 tableaux, c’est le don effectué par Roger Fohlen, un médecin retraité et peintre amateur Mosellan aujourd’hui âgé de 87 ans habitant Forbach (57), qui avait trouvé refuge à Chabanais avec sa famille durant la guerre. «Roger Fohlen est né à Sarreguemines en 1932 et, comme d’autres Mosellans d’obédience israélite, il a été évacué en Charente au début de la 2ème guerre mondiale, alors qu’il avait huit ans. Avec ses parents et sa sœur, ils ont été accueillis à Chabanais et ont choisi de rester ici. Son père a même été boulanger à Suris», résume Benoit Savy, vice-président de la CdC Charente Limousine et historien. «Sous le nom de Blanchard et grâce à de faux papiers, il a suivi toute sa scolarité à Chabanais et on sait que c’était un brillant élève», poursuit-il. La fin de la guerre approchant, Roger Fohlen décide de rentrer à Sarreguemines au début de l’année 1945 et s’installe comme médecin. «Il n’a jamais oublié le territoire, puisqu’il y est revenu assez régulièrement. D’ailleurs, il a gardé des liens avec «Néné» Granet, un de ses copains d’enfance.» A la retraite, le Mosellan décide de se consacrer à sa passion : la peinture. Un moyen d’extérioriser certains traumatismes : «Il a beaucoup peint sur l’univers concentrationnaire… Même s’il en a personnellement échappé, ça reste une période très dure, quelque chose qui l’a énormément marqué», note Céline Deveza, animatrice du Pays d’art et d’histoire. Des tableaux qui seront intégrés dans le projet de mise en valeur du patrimoine mémoriel en Charente Limousine, porté par la collectivité : «D’ici les prochaines semaines, nous allons créer des panneaux explicatifs avec l’aide de José Délias sur son histoire, l’accueil des très nombreux réfugiés Mosellans durant cette période,… Ensuite, cette exposition aura pour vocation d’être prêtée aux communes qui auront prévu des animations sur cette thématique. On pourrait également imaginer l’intégrer dans la programmation du Pays d’art et d’histoire, en faisant un lien avec un «focus patrimoine», une conférence,…» prévoit Céline Deveza.